À partir d’octobre 2026, le mode de calcul de l’Allocation aux adultes handicapés (AAH) évolue pour près de 108 000 travailleurs exerçant en Établissement et service d’accompagnement par le travail (ESAT).
Actuellement évaluée sur une base annuelle, l’allocation sera désormais soumise à une Déclaration trimestrielle de ressources (DTR), à l’image du fonctionnement de la prime d’activité.
L’objectif affiché par les pouvoirs publics est d’ajuster le montant de la prestation au plus près des revenus réels des allocataires. Ce changement vise également à sécuriser la mobilité professionnelle : en réduisant le décalage entre la variation des ressources et le recalcul des prestations, la mesure entend faciliter le parcours des travailleurs d’ESAT souhaitant effectuer une transition vers le milieu ordinaire de travail.
Des points d’alerte soulevés par le réseau associatif
Bien qu’adhérant aux orientations de la réforme, l’Unapei et un collectif d’associations du secteur ont sollicité un report auprès de la ministre déléguée chargée des personnes handicapées. Leurs craintes portent principalement sur les risques d’interruption de versement en cas de retard ou d’erreur déclarative, alors que l’AAH représente parfois la moitié des ressources du bénéficiaire.
Le collectif pointe également la complexité de la démarche en l’absence de pré-remplissage automatique (prévu seulement d’ici 2028-2029), le manque de documents en langage Facile à lire et à comprendre (FALC) et l’alourdissement de la charge administrative pour les tuteurs, aidants et professionnels.
Afin d’éviter toute rupture de droits, les associations préconisent de suspendre le calendrier initial. Elles demandent la tenue d’une réunion de travail technique avec le gouvernement afin d’ajuster l’échéancier, de déployer les supports d’information adaptés et de sécuriser l’accompagnement des allocataires.

