Proches aidants : besoin de répit et santé en danger

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Une aidante prend soin d'une femme âgée dépendante

La Drees (Direction de la Recherche, des Etudes, de l’Evaluation et des Statistiques) publie deux études analysant le besoin de répit et la santé des proches aidants. Ces travaux apportent un éclairage chiffré précieux sur les conséquences d’un fort investissement auprès d’un proche en situation de handicap ou de perte d’autonomie.

Un besoin de répit lié à l’intensité de l’aide

En France, 36 % des aidants apportant une aide à la vie quotidienne (soit 2,1 millions de personnes) expriment un besoin de répit. Ce besoin concerne un quart des aidants réalisant trois tâches au maximum, mais plus des deux tiers de ceux qui en accomplissent plus de huit. Les aides physiques (soins personnels, mobilité) sollicitent davantage les aidants que l’aide domestique ou organisationnelle.

Deux profils ressortent particulièrement :

  • Les femmes proches aidantes : 41 % déclarent un besoin de répit, contre 30 % des hommes.
  • Les parents d’enfants en situation de handicap : 51 % expriment ce besoin, la cohabitation (80 % des cas) limitant les opportunités de pause.

Parmi les aidants exprimant ce besoin, 49 % ne bénéficient pas d’un répit satisfaisant (35 % le jugent insuffisant et 14 % n’en prennent aucun). Ce répit repose principalement sur la solitude temporaire de la personne aidée (52 %) ou l’intervention de l’entourage ou de professionnels à domicile (47 %), l’accueil hors domicile dans des lieux dédiés demeurant minoritaire (21 %).

Impact sur la santé physique et mentale

Selon l’Enquête santé européenne (EHIS, 2019), 25 % de la population française de 15 ans ou plus se déclare proche aidant (la part la plus élevée d’Europe). 7 % d’entre eux y consacrent 20 heures ou plus par semaine.

Si le statut d’aidant n’est pas systématiquement associé à un état de santé dégradé, un seuil critique apparaît dès lors que ces 20 heures hebdomadaires sont atteintes ou dépassées.

Au-delà de cette durée, l’implication importante détériore la santé, particulièrement sur le plan psychologique. À caractéristiques sociodémographiques comparables, les aidants français consacrant au moins 20 heures par semaine à l’aidance ont une probabilité inférieure de 8 points de se déclarer en bonne santé mentale et de 4 points pour la santé physique par rapport aux non-aidants.